Histoire d'ours

Publié le 28 Août 2006

Ca faisait longtemps que ça me démangeait, mais il faut que je vous dise : cette histoire d'ours des Pyrénées a le don de m'irriter au plus haut point.
J'ai été - dans mes jeunes années - une écologiste rêveuse qui aurait aimé voir nos montagnes devenir des sanctuaires pour les ours. Mais jamais je n'ai milité pour et jamais je ne militerai pour.
Pourquoi ?
La réponse à cette question est un autre "pourquoi" ? Pourquoi l'ours a-t-il disparu des Pyrénnées ?
Quand j'étais gamine, on expliquait que son habitat s'était trouvé tellement réduit que l'ours ne disposait plus pour vivre d'un espace suffisant. Sans cet espace pas de reproduction possible. L'ours ne pouvant se contenter des miettes que l'homme lui avait laissé, il a fini par disparaître.
Comment aujourd'hui peut-on encore militer pour l'ours ne disparaissent de nos montagnes Pyrénéenes alors que l'espèce locale y est déjà morte (il n'y a plus à proprement parlé d'ours des Pyrénées). Là où ça devient grave c'est quand un Etat se compromet dans un stupide projet de réintroduction : on en arrive alors à cette situation incensé dont les médias nous narrent les navrants épisodes successifs - l'histoire de la déconfiture de nos chers plantigrandes en terre Pyrénéenne. Des ours qu'on relâche de nuit pour ne pas les exposer à l'ire de la population hostile.

Mais enfin quoi ? L'habitat de l'ours a-t-il entre temps été restauré ? Les grands espaces qui lui ont manqué pour survivre lui ont-ils été rendus ? N'est-il pas simplement criminel de déplacer ainsi des ours de leur milieu d'origine pour les introduire dans un endroit où il n'y a plus assez de place pour eux depuis longtemps ?
Comment cette réintroduction pourrait bien se passer alors que l'une des causes majeures de la disparition de la bestiole est toujours bien là ? Un ours n'est pas fait pour vivre sur un espace étriqué décidé par les hommes. Ils ne fiche des barrières et des panneaux "Parc National".
Ces ours "réintroduits" sont fort probablement voués à une vie courte, voire écourtée.
Aujourd'hui Palouma est morte. Demain auquel des 4 survivants le tour ?
Lâchez donc un peu les ours ! Mais pas dans les Pyrénées !

Rédigé par Annie

Publié dans #Humeur

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François 02/09/2006 22:36

Oh lb la !  Ça discute ferme sur un sujet passionnant.C'est sûr, l'homme ayant envahi tous les mileux et n'accepatant pas de partager la situation de l'ours comme celle de tous les grands animaux est sans espoir à long terme.

le platane 02/09/2006 09:09

Vous dites : " L'homme est toujours là et il défendra ses troupeaux de la même manière ".Si c'est se défendre à coup de fusil ou de poison, alors oui, c'est foutu. Mais les mentalités évoluent, même chez les plus obtus. Et ceux qui sortent les fusils risquent désormais de se retrouver au tribunal. Ca, c'est nouveau.En revanche, si les éleveurs d'aujourd'hui -minoritaires et bruyants - voulaient bien retrouver les bonnes habitudes d'antan : gardiennage par des bergers en estive, regroupement le soir dans des parcs fermés et chien patous, il y aurait sans doute moins de dégâts. Comme par hasard, ce sont ceux qui refusent ces mesures de protection élémentaires qui prétendent que la cohabitation est impossible, alors qu'elle se pratique partout ailleurs, y compris dans le Béarn où les derniers ours "de souche" vivent encore (non, ils ne sont pas tous morts, mais il n'y a sans doute plus de femelles et ce "noyau" est menacé de disparaître totalement sans nouveaux lâchers). Le retour de l'ours, c'est aussi celui du berger !Le problème des Pyrénées, ce n'est pas un manque d'espace ou un habitat dégradé, c'est juste une question de mentalité des éleveurs (et des chasseurs).

Annie 02/09/2006 15:29

Je n'arrive pas à partager votre point de vue sur le fait que l'ours dans les Pyrénnées c'est juste une question de mentalité. D'autre part, s'il manque un des deux sexes à la population d'ours des Pyrénées, l'ours des Pyrénées est clairement mort. Les descendants seront des mélanges avec les importés. Le mélange  n'est d'ailleurs aucunement choquant en soi.  Une autre race Pyrénées verra le jour, puisqu'ils seront isolé géographiquement.Non, moi ce qui me heurte c'est la méthode, parce que contrairement à vous, je suis pas convaincue que les conditions soient réunies, notamment au niveau de l'habitat pour que la réintroduction se fasse dans les meilleures conditions pour les ours.Je trouve que le principe de précaution n'a pas été vraiment pris en compte pour eux. Quand au fait que les zigouilleurs d'ours peuvent se retrouver au tribunal, je ne pense pas que cela soit vraiement un frein.Les arracheurs d'OGM se retrouvent également devant les tribunaux, mais leurs convictions sont suffisamment fortes pour qu'ils n'en tiennent pas compte.Dans le cas des ours, chaque camps, les pour, les contre, a le sentiment de défendre une juste cause. Et le fait de penser qu'on est dans le vrai et que l'autre se trompe, chacun avec des convictions très fortes - il n'y a qu'à voir les matches de "boxes" sur les forums de discussions entre pro et anti - ne peut en aucun cas conduire à un comportement rationnel qui prendrait en compte les risques de se retrouver au tribunal.Par contre demander à un corp de métier de revenir à des pratiques aujourd'hui abandonnées, je ne sais, ça me semble assez gonflé. C'est sans doute pas quelque chose qui peut être décidé unilatéralement et contre leur avis. Vous dites les protestataires minoritaires. Quand bien même. Demain on décrête que la voiure c'est terminé, tout le monde reprend son vélo : ce sera sans doute très chouette pour la planète, mais ceux qui sont genre à 50 km de leur boulot sans transport en commun risquent de ne pas apprécier.  Et ça boulverse complètement la façon de vivre. Ce que je veux dire par là, c'est que quelque chose qui parait facile sur le papier peut-être lourd de conséquence sur l'organisation de la vie des gens touchés par le changement proposé.Voilà. A bientôt ?

@lain 28/08/2006 16:07

Oui, de mon côté je pense aussi que la disparition des ours dans les pyrénnées tient surtout à l'usage des fusils et du poison qu'on a fait durant les siècles précédents. L'ours a toujours été craint au même titre que le looup car c'était un prédateur pour les troupeaux, l'homme en a donc fait son affaire !Bisous et bonne journée@lain

Annie 02/09/2006 05:59

Ben oui. Et aujourd'hui qu'est-ce qui a changé ? L'homme est toujours là et il défendra ses troupeaux de la même manière.C'est pour ça que cette réintroduction n'a pas de sens. Les conditions ne sont pas réunies pour que cette nouvelle population ait plus de succès que l'autre.Il disparaitront aussi du fait de l'homme, car aujourd'hui là-bas, il n'y a plus de place pour eux. On peut le regretter. Mais les ours ne sont pas des jouets - et ce qu'on leur fait actuellement c'est vraiment irresponsable.

le platane 28/08/2006 13:50

Vous avez raison sur un point : les ours se fichent pas mal des limites d'un quelconque Parc National. Pas les hommes...C'est bien pour cela que les ours béarnais ne se trouvent que rarement dans les limites de la zone centrale du parc National des Pyrénées, dans lequel les élus locaux ont pris grand soin à l'époque de ne pas inclure les zones à ours...Pour le reste, je crains que "on" ne vous ait pas expliqué les vraies raisons de la disparition de la plupart des ours : poison et fusil !La qualité du milieu naturel n'est pas aussi dégradée qu'on a dû vous le dire, puisque les 3 premiers ours slovènes relâchés il y a 10 ans s'y sont très bien adaptés et ont même proliféré. Même la mort de Mellba, tuée par un chasseur, n'a pas réussi à faire échec à l'adapation de ces ours slovènes, dont l'habitat d'origine est très semblable à celui des Pyrénées, contrairement à ce que cretains voudraient faire croire en usant de la plus parfaite mauvaise foi.En revanche, il est vrai aussi qu'une FRANGE de la population pyrénéenne, elle, ne s'est jamais adaptée à ce retour. Selon plusieurs sondages, ces opposants sont minoritaires, mais il font beaucoup de bruit...Lâchez donc un peu ces brailleurs !

Annie 02/09/2006 05:45

Désolée de vous décevoir, mais justement si poison et fusil il y a, c'est parce que l'ours n'a plus de territoire suffisament grand pour lui et que les hommes sont certes très peu partageurs.Comme vous le dites, le Parc des Pyrénées est très peu adapté pour eux, et je ne pense pas qu'un milieu fort humanisé le soit non plus.Je suis étonnée de lire qu'on puisse penser que cette ré-introduction est une réussite en se basant sur le cas de trois ours. Je continue de penser qu'une reintroduction sans restauratation d'un territoire adequat - sans homme dans la mesure où la cohabitation se fait au détriment de l'ours - n'est pas raisonnable. Et je ne vois pas comment on peut de toute manière espérer restaurer une population à partir d'un nombre d'individus aussi restreint.Ce projet sent vraiment la fumisterie à destination des touristes "nature". Et ça complètement au détriment des ours déplacés.

colette 28/08/2006 11:23

Bonjour ma chère Annie
Très intéressante, ton analyse sur la réintrocducion de l\\\'ours dans les pyrénées.
Le problème est qu\\\'il en restait au moins une et qu\\\'un chasseur l\\\'a tuée.
Mais ceci dit  que l\\\'on ne réintroduit pas des ours comme cela, sans savoir si tous les besoins de survies sont réunis.
Sans compter, que la bas ils se feront tuer par les chasseurs,  pour palouma, a priori, c\\\'était un accident, mais il est vrai, qu\\\'il vaut mieux protéger les bètes sur LE TERRITOIRE OU ELLES HABITENT plutôt que de les déraciner comme cela. 

Annie 02/09/2006 05:53

Salut Coco,La protection des ours des Pyrénées s'il fallait la faire c'était bien plus tôt et je me repète, ça commence par la protection de leur habitat. L'ours est réintroduit après que l'espèce locale ait disparue. Ca n'a pas de sens.C'est fini pour l'ours des Pyrénées. Tout le reste est du folklore ...