Pour une autre économie, un autre monde

Publié le 23 Septembre 2010

 

Je ne sais pas vous, mais moi je suis fatiguée. Fatiguée d'entendre toujours le même discours, qui fait toujours payer les mêmes au profit d'un tout petit groupe de personnes archi-plein au as. Des gens qui n'ont jamais connu le chômage, qui ne savent pas ce que veut dire "fin de mois difficile", qui n'ont jamais eu faim, la peur du lendemain, l'angoisse d'une vie gâchée par le néant.

Aujourd'hui, je fais partie de ce que ceux-là appelle "les privilégiés", une petite fonctionnaire qui dand notre monde a l'outrecuidance d'avoir l'équivalent d'un CDI et à La Réunion en plus - quelle horreur - un bon salaire.

Sauf que je ne suis pas née ainsi, je n'ai pas eu une vie toute tracée d'avance. Mes parents m'ont payé des études, c'est une des chances que m'a offerte la vie, mais le reste, je ne le dois à aucun passe droit, Et ça n'a pas toujours été rose.

Le premier emploi, il a fallu mener une sacré bataille pour l'avoir. Le chomage me rendait folle et ne remplissait pas le frigo. J'ai travaillé dans le privé jusqu'à ce qu'un plan de restructuration m'en vire. Alors qu'on ne vienne pas me jetter à la gueule mon emploi de fonctionnaire. Ce concours, je m'y suis inscrite et je l'ai eu. Ma mutation je l'ai demandé et je l'ai eu. Point.

 

Ceci étant dit, la lassitude vient aussi beaucoup du sentiment de vivre dans une démocratie en pleine implosion. Les gens aux pouvoir ne travaillent plus que pour eux-mêmes et les leurs - les très riches, les vrais privilégiés.

Depuis le temps qu'on nous serine qu'il faut être raisonnable, qu'on ne peut pas avoir une sécurité sociale valable, une retraitre confortable, qu'il faut faire baisser les dépenses de l'Etat. Que de réformes passées aux forcepts au nom de cette rigueur, de cette soit-disant attitude responsable, qui ont toutes deux déjà montré avec éclat leur belle inefficacité à atteindre les objectifs annoncés. Les déficits se creusent. Alors on fait quoi : toujours moins d'aide, toujours moins de remboursement, qui mettent en danger les ménages les plus faibles et ne résolvent strictement rien.

 

Et ne parlons pas de la patiente et implacable démolition des services publics, à qui on coupe les moyens pour constater ensuite leur incapacité à assurer leur mission. La santé, l'éducation, la poste, l'emploi, tout passe au rouleau compresseur. On empire les choses de manière consciencieuse et organisée, petit à petit, dans un silence assourdissant, une torpeur : "parce qu'on ne peut pas faire autrement". Il faut être rationnel et raisonnable. Discours officiel relayé depuis des années complaisamment par la télévision, devenu en quelques temps un superbe outil de propagande au service exclusif des plus aisés.

 

Pour entendre un autre discours, un autre son de cloche, il ne reste plus qu'internet. Internet cible régulière du clan au pouvoir . Tu m'étonnes que ça ne leur plait pas : un média dont ils n'ont pas l'entier contrôle, où on ne se pame pas au moindre mot de Frédéric Lefebvre, où une certaine mémoire s'exerce, dans ce que disent les uns et les autres. Les flagrants délits en rétropédalage, mensonge et mauvaise foi y sont exposé.  "Je n'ai jamais dit ça" : si ! Et paf, prend toi une petite vidéo dans les dents.

 

En ce jour de grève, j'ai décidé de ne pas aller battre le pavé cette fois-ci, mais consacrer mon temps à faire passer l'info. L'info c'est celle-là : le manifeste des économistes atterrés. Ce manifeste parle de  la  crise et de la dette en Europe et dénonce 10 fausses évidences, en proposant 22 mesures "pour sortir de l'impasse". Les auteurs : Philippe Askenazy, CNRS ; Thomas Coutrot, conseil scientifique d'Attac ; André Orléan, CNRS, EHESS, président de l'Association Française d'Economie Politique et Henri Sterdyniak, OFCE, vous expliquent dans un premier temps pourquoi ils sont des économistes atterrés.

Le manifeste est long, mais prenez le temps de le lire. Il est très instructif et vous aurez enfin un discours qui change de l'éternelle musique télévisuelle. Bon le sentiment qu'en haut lieu on se paie votre fiole grandira sans doute. Mais il faut arrêter le massacre (le notre) et regarder vers 2012 avec des yeux neufs.

Si ce manifeste vous parle : faites circuler. C'est par la circulation d'une information alternative que les choses pourront changer. Car pour le moment à part "on restera droit dans nos bottes, car nous on est des gens responsables", c'est encore et toujours la chanson officielle qu'on nous sert quotidiennement. Il faut que ça cesse ! Et qu'enfn d'autres voix puissent emmerger, même sur les grands médias !

 

A vous de jouer !


 

 

 

Rédigé par Annie

Publié dans #Société

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Commenter cet article

Hélène 23/09/2010 15:37



Coucou Annie,


Très intéressant le manifeste des économistes atterrés, mais vraiment trop long! Moi j'étais à la manif à Tarbes, il y avait parait-il plus de 25 000 personnes, c'est formidable pour une toute
petite ville. j'espère que la mobilisation a été dans les mêmes proportions partout !


Bises


Hélène



Annie 23/09/2010 16:24



Ici à La Réunion, d'après le journal de l'ile, il y avait moins de monde que la dernière fois. Les petites manifs d'ici, ça a souvent des airs de cortèges
mortuaires. Il y avait tellement d'ambiance en 2003 !


Pour ce qui est du manifeste, prend le temps de le lire jusqu'au bout. Ca vaut le coup d'être mieux informé. Car il faudra l'être pour résiter à la campagne d'intox
qu'on va imanquablement nous servir pour préparer 2012 et qu'on nous sert de toute manière depuis longtemps. On est en plein dans une guerre idéologique. Il faut des contre-feux et ça fait un
bout de temps que je doute que ces contre-feux puisent leur force sur le pavé. Lors du débat sur le traité européen, il y a eu des tas de conférences. Chez nous on en a même eu une à
l'université. Si le regard critique a quitté nos grand médias, il faut aller le chercher ailleurs.


Bises. annie



Colette 23/09/2010 10:35



Coucou Annie


Un petit bonjour d'Auvergne


Bisous Coco



Annie 23/09/2010 16:14



Coucou Colette


Un petit bonjour Indo-Océan :-)


Bisous. annie