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Les blogueries d'Annie De la Réunion, au milieu de l'Océan Indien, le regard d'une fille sur son époque et sa propre vie. Dans ce blog, on trouvera aussi bien des commentaires sur l'actualité, la société, la politique, que des annecdotes ou souvenirs personnels.

300 Mafatais au bout du tunnel ?

Annie
Ebouli du col des Boeufs - Ile de La RéunionPlus d'un an ! Voilà plus d'un an que 5000 m3 de roches barrent le chemin du col des Boeufs. Derrière : 2 villages ou ilets, La Nouvelle (250 habitants) et Marla (50 habitants).
En avril 2006, le Journal de l'Ile (JIR) mettait en lumière par la publication d'une photo et d'un article les difficultés rencontrés par les habitants de ces deux écarts. La plupart vivent du tourisme et pour eux l'équation est simple : pas de passage = pas de client.
Il y a bien évidemment la déviation par le col de Fourche : 40 mn de rab pour les excellents marcheurs que sont les Mafatais. Comptez plutôt une heure pour un marcheur moyen! Ces deux ilets étant d'accès relativement facile d'ordinaire, la clientèle y est très familiale. Une heure de plus sur un chemin cahotique avec des marmailles, ou de simples marcheurs occasionnels en a découragé plus d'un. Et les Mafatais de Marla et La Nouvelle, ont vu leur clientèle fondre comme peau de chagrin. Car par dessus tout ça, s'est greffé le problème du Chik, ce qui a eu pour conséquence qu'un nombre non négligeable de marcheurs s'est trouvé momentannément hors circuit (le franchissement du Col de Fourche s'accommode très mal des douleurs aux genoux).
Comme si ça n'était pas suffisant, la plateforme hélicoptère et la zone de stockage des vivres de l'autre coté de l'ébouli ne pouvant plus être utilisés, le prix des rotations a gonflé dans le même temps que le revenu des habitants fondait.
Marla et La Nouvelle était dans l'impasse. L'Etat les y a laissé plus d'un an sans broncher.
Et pourtant de l'autre coté de l'ébouli, on se démène. Mais soyons réaliste : 300 âmes, ça ne pèse pas bien lourd dans notre société.
Alors on a fait semblant de les oublier.
Petit à petit, les gens sont revenus. Sans doute pas autant qu'avant. Beaucoup ont pris la décision de franchir l'ébouli interdit, parce que rien n'était fait, parce qu'ils avaient envie de retrouver leur sentier comme avant.
En bas, on espérait. On espérait que cela n'allait pas durer 10 mois comme la fois d'avant (discussion avec Sylvio Bègue, juillet 2006). En janvier 2007, chez Joël Bègue (Maison Laclos), le constat était amer. Ce jeune homme qui avait tout construit de ses mains et qui ouvrait juste lorsque l'ébouli est tombé s'est retrouvé avec des factures à payer et zéro clientèle. Il n'avait pas eu le temps de se faire connaître en tant que gîte privé. Le 27 janvier dernier, nous étions 4 chez lui, dans des bungalows flambants neufs, à être chouchoutés au moment des repas, alors que la capacité totale est de plus de 20 personnes.
Sans cet ébouli, le gîte Laclos aurait été complet - en pleine vacances d'été austral.
Combien de fois ai-je entendu l'année dernière à la télévision, à la radio, chanter les louanges du tourisme à la Réunion que le Chik avait mis à mal ? Comment alors, a-t-on pu oublier ce joyau tant prisé par les randonneurs qu'est Mafate ?
300 voix qui n'ont pas porté suffisamment loin pour être aussitôt secourue. 300 voix qui ont compté pour du beurre pendant plus d'un an !
Et oui, plus d'un an et on songe enfin à faire quelque chose. C'est pas trop tôt !

Lire à ce sujet sur le site du Journal de l'Ile :

Pour terminer j'envoie un bonjour amical tout particulièrement au snack de Marla et à l'épicerie, ainsi qu'à tous les gîteurs (je crois que j'ai du tous les faire ;-) )
 
 

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Commentaires
F
300 personnes, ça ne pèse pas bien lourd même en période électorale ... Il est inadmissible de laisser des gens dans un tel isolement et dans le dénument.
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A
Bonjour François,Quand je pense à l'épidémie de Ministres qui s'est abattu sur notre île l'année dernière, avec promesses et tutti quanti. Un seul Mafatais verra-t-il seulement le bout d'une indemnisation pour les dommages qu'il a subit - et là je ne parle pas seulement de ceux de Marla et La Nouvelles, mais aussi de tous les autres qui vivent également du tourisme.Quant à l'immobilisme, pour sortir 300 personne de l'isolement, oui, c'est inadmissible, inacceptable, lamentable. En espérant que l'annonce de régler le problème ne soit pas un simple aeffet d'annonce ...
L
Ben moi qui comptais enfin faire Mafate à mon retour! Je ne savais même pas que la route avait était endommagée par un éboulis. C'est quand même dingue qu'un an après la route ne soit pas dégagée! Inadmissible! Je trouve ça carément révoltant, que ce soit pour les randonneurs ou pour les habitants (surtout pour eux!). On est doués pour ignorer les gros problèmes à la Réunion. Moins on en fait, mieux on se porte.
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Y
Une habitante de ce coin reculé était intervenue une fois sur Radio Freedom pour raconter son calvaire quotidien pour se ravitailler et transporter ses enfants, le prix du voyage en hélico étant exorbitant.C'est quand même inadmissible de laisser traîner autant le déblayage du col. Encore une fois, les collectivités ont brillé par leur immobilisme.Je ne suis pas un grand amateur de marches comme toi mais je peux comprendre le désarroi de la population qui, en plus d'être enclavée par la nature, se retrouve isolée économiquement.
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A
Oui, tout à fait. Il y a quand même dans ce pays des dysfonctionnements inacceptables. Et ça c'en est un de taille : 5000 m3.3 à 4 mois de travaux, ils disent. Ce n'est donc pas demain la veille que le sentier est rendu aux habitants et aux randonneurs !