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Les blogueries d'Annie De la Réunion, au milieu de l'Océan Indien, le regard d'une fille sur son époque et sa propre vie. Dans ce blog, on trouvera aussi bien des commentaires sur l'actualité, la société, la politique, que des annecdotes ou souvenirs personnels.

Traitement médiatique de l'après Katrina

Annie
Ce matin comme tous les matins, je regardais itélé. C'était le journal de 4h00 (6h00 à La Réunion). L'après Katrina était traité en deux reportages : l'un parlait des risques sanitaires et l'autre ...
Voici son lancement par Samuel Etienne : "autre risque pour les sinistrés : l'insécurité".
De quoi parle-t-on dans ce reportage selon vous ? D'une invasion de rats à la Nouvelle Orléans, du risque d'effondrement des maisons, d'incendies ? D'une bande de pirates sur barques ? Non, l'insécurité c'est l'arrivée d'un nombre  incalculable de réfugié à Baton rouge . En clair ce n'est pas un risque pour les sinistrés dont on nous parle mais le risque que représente les sinistrés aux yeux de la population - blanche - de Baton Rouge.
Le reportage nous raconte que le point incontournable de toute visite au Supermarché, c'est un arrêt chez Jim, le marchand d'armes. Jim nous apprend que le mois de septembre est d'ors et déjà meilleur que son meilleur des mois de décembre - mois de l'ouverture de la chasse. Les clients - blancs - craignent tous pour leur sécurité et s'équipent donc "pour se défendre".  In Guns we trust !  pourrait être leur devise !
Et pour parfaire ce portrait de bons chrétiens à l'empathie hypertrophiée, on termine le reportage au stand de tir "à proximité" : notre homme blanc craignant pour sa vie fait un carton sur une cible représentant la photo d'un homme beaucoup moins blanc et armé.
Voilà ce qu'aura retenu itélévision de l'arrivée de près de 400 000 réfugiés à Baton rouge : les pb de logements, de scolarité, de logistique, bof, pourquoi en parler. Mais le blanc défendant fièrement son bout de jardin face à une invasion de pauvres, ça au moins, c'est de l'infos.
Remarquez, ça nous aide à mieux comprendre la situation raciale aux Etats-Unis.
Car qu'a-t-on vu depuis le passage de Katrina ? Quelque chose qui ressemble à la reprise en main par l'administration Bush
de la communication "après cyclone"! Les noirs disparaissent peu à peu des reportages, ou alors ce sont des officiels ou des gens qui occupent illégalement une maison. On nous emmène en barque dans les quartiers chics avec une dame blanche à la recherche de sa soeur. L'homme noir lui apparait encore quelque fois, comme celui-ci  accroché à un pneu - depuis trois heures nous dit-on - dans un autre reportage ...
Et quoi encore : les boys ! Ah oui, ça ça été bien couvert ! Les boys sont rentrés d'Irak pour aider la population reconnaissante. On les voit parader dans les rues, armés jusqu'au dents, acclamés comme des sauveurs.
De l'aide humanitaire, des opérations de sauvetages, de la mobilisation des gens du pays ? On ne saura pas grand chose. On verra Miss Rice mettre tout sourire dehors un paquet au moins aussi gros qu'une tablette de chocolat dans un colis de denrées destiné aux réfugiés. A ce rythme là, ils ne sont pas près de recevoir à bouffer ! L'aide internationale ? Absente des images, tout autant que la mobilisation de la population. Mais on  n'a pas oublié de nous montrer celle qui se mobilise pour les armes. Voilà ce qu'est devenu l'après Katrina à la télévision.
De comment se réorganise l'aide médicale, de ce qu'on a fait des malades, de comment l'évacuation s'est déroulée, on n'aura que quelques images et encore ...

Pendant de temps-là à  Baton Rouge, l'arrivée des réfugiés pose déjà pb, rien qu'en terme de logement. Va-t-on laisser cette ville se démerder en armant la population jusqu'au dent et en laissant faire le reste ?
Si l'après cyclone est aussi bien géré que l'avant (style ne pas prévoir d'eau et de vivres dans les lieux de refuge) on imagine assez facilement la catastrophe à venir, celle de naufragers dans une ville où on ne veut pas d'eux, déjà parce qu'il sont trop nombreux, et ensuite parce qu'ils sont pauvres ... et noirs pour la plupart.

Il y a urgence dans ce pays pour organiser cet après cyclone. Il y a urgence pour que cela ne dégénère pas. Mais Bush et son gouvernement peuvent-ils être à la hauteur ? J'ai des doutes !

Lien : un site où on tente d'organiser l'aide,
certaines demandes, comme celle d'un moniteur 20 pouces pour une unité de média, pourront surprendre ... 

PS : comme pour me faire mentir au JT de midi, des reportages sur l'aide internationale et l'organisation de l'aide d'urgence, un reportage où un sinistré, à Chesney qui parade, lance "va te faire f. Chesney" et un autre où on fait plus que suggérer que les critiques à l'encontre de Bush et son équipe serait susceptible de les faire tomber (moi j'y crois pas vraiment). On se lacherait dans les média Français, s'apercevant que le soufflé de la colère ne retombe pas dans l es médias outre-atlantique ??
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Commentaires
A
Finalement, au vue du droit international, c'est vous tous qui avez raison.<br /> Voir cet article :<br /> http://www.liberation.fr/page.php?Article=324888<br /> où l'on apprend que la définition du mot "réfugié" telle qu'elle est inscrite dans la convention de Genève de 1951 désigne "tout individu craignant pour sa vie et celle de ses proches, et contraint de fuir son pays d'origine du fait de ses convictions politiques ou religieuses ou encore en raison de son appartenance à une catégorie sociale, ethnique ou raciale menacée"
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C
Pour le terme réfugié, je suis d'accord avec Sophinette, et pour ma part, je préfère le terme sinistré. Ensuite que les Américains achètent des armes au lieu d'aider leurs compatriotes, cela ne m'étonne pas de trop d'eux. Toutefois, il faut penser que les gens (voir même les médias) ont tendances à généraliser et que suite au pillage, certaines personnes doivent penser que tous les habitants de la nouvelle Orléans sont des pillards.<br /> Ce qui m'inquiète plus particulièrement, c'est qu'apparemment (je me trompe peut être) aucune solution de relogement à long terme pour les sinistrés ne semble envisagée par les autorités américaines, or vu l'ampleur des dégâts, je pense que la reconstruction prendra du temps.<br /> <br /> Salut Cyrille,C'est vrai que ça fait chaud au coeur autant de compassion de la part des ces braves blancs qui achètent des armes. Mais c'est aussi les images qu'on nous montre et pas forcément ce qu'il s'y passe. Si on se balade sur le net, on peut se rendre compte que les Américains sont mobilisés, alors que la télé nous montre les acheteurs d'arme. C'est toujours ce décalage entre la réalité du terrain et ce qu'on veut bien nous montrer qui est scandaleuse.Pour le relogement, je suis comme toi : la tâche est titanesque pour reloger tout le monde.  Il va en falloir de l'organisation et des bonnes volontés. Mais maintenant qu'il semble que l'Amérique ait conscience de la situation (même Bush), espérons que ça va mieux se passer. Les gens s'organisent, l'administration s'organise. Ca ne peut être que profitable aux sinistrés.<br />
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M
Je comprends ton énervement Sophinette et je le partage.<br /> <br /> Mais ce qu'il faut savoir c'est que des américains ont eu la même réaction que toi et du coup, depuis une semaine les journaux sont de moins en moins nombreux à utiliser le terme de "réfugié" surtout depuis que le révérend Jackson a protesté contre l'utilisation de ce mot "réfugié", et que le lendemain le président Bush est allé dans son sens :<br /> <br /> "The people we're talking about are not refugees," he said. "They are Americans, and they need the help and love and compassion of our fellow citizens."<br /> <br /> http://www.msnbc.msn.com/id/9232071/<br /> <br /> Sur les chaînes d'info américaines, on ne parle plus d'ailleurs que de "victimes" ou "d'évacués".<br /> <br /> <br /> Salut Manu,Moi je pense que tout dépend  ce qu'on met sous le terme de "réfugié". Un réfugié n'est pas forcément un étranger. Cependant, il est effectivement énormément utilisé pour décrire les gens qui fuient leur pays pour aller vers un autre, et c'est pourquoi l'abandon du mot "réfugié" lève l'ambiguité que peut recouvrir ce terme. Moi il ne m'avait pas énervé car je l'avais  compris dans le sens "quitter sa maison, un lieu familier, pour aller  dans un lieu plus sûr". Enfin bref , laisser sa vie quelque part pour survivre ailleurs.<br />
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S
Voyez-vous annie, moi la première chose qui m'a choquée, c'est qu'on parle de "réfugiés". <br /> <br /> Ces gens ne sont pas des réfugiés. Ce sont des victimes. Ce ne sont pas des sans-papiers entrés illégallement dans un pays étranger, ce sont des américains qui payaient leur loyer, étaient propriétaires pour certains et se retrouvent victimes d'un cyclone sans rien à bouffer, sans toit, sans argent, sans rien. Avec le handicap supplémentaire d'être à la merci des images qu'on va montrer d'eux. Le terme même de "réfugié" est insultant car on leur dénit leur statut de citoyen américain. Et ça, c'est grave. Si le fait d'être noir, ce qui est déjà un handicap là-bas (ici aussi mais là n'est pas la question), est incompatible avec etre citoyen américain, (et on a vu ce qu ça a donné avec l'extermination des indiens au XIXème siècle) c'est que depuis le KKK, rien n'a changé. <br /> God bless America? tu parles.<br /> <br /> Bonjour Sophinette,Je ne sais pas si réfugié en Français a pas tout à fait le même sens que "refugee" en Anglais.En Français, réfugié recouvre aussi la notion de déplacement de population pour cause de catastrophe naturelle ou autre d'ailleurs. Ma mère, pendant la seconde guerre mondiale, tout en restant Française a bel et bien été réfugiée à Saint-Jean de Mont (elle était des Ardennes).La définition de mon petit Larousse, qui n'est pas tout neuf, il est vrai est la suivante :"Se dit d'une personne qui a quitté son pays ou a fui une région pour des raisons politiques, religieuses, raciales ou pour échaper à une catastrophe."En clair, lorsqu'on se retrouve dans un gymnase dans la ville d'à coté parce que la sienne est innondée, comme tout récemment dans la région de Nïme,  on peut être qualifié de réfugié. Cela préjuge juste le fait que vous avez quitté l'endroit où vous étiez logé pour aller ailleurs, dans l'urgence.Si j'en crois mon Cambridge International Dictionary of English, il n'en serait pas de même dans la langue de Shakespear.refugee : people escaping their country for religious, or political reasons. Ca fait court, et ça ne recouvre pas les déplacements régionaux pour cause de catastrophe naturelle. J'ai donc cherché ailleurs pour voir :chez Merriam Webster : Etymology: from French réfugié, past participle of réfugier "to put in a place of safety," from Latin refugium "a refuge," from refugere "to run away from, escape," from re- "again, against" and fugere "to run away, flee" --related to CENTRIFUGAL, FUGITIVE<br /> : a person who flees for safety especially to a foreign country <br /> <br /> chez Britinica Online :<br /> refugee - Person involuntarily displaced from his or her homeland.<br /> <br /> chez Wordsmyth :<br /> a person forced to leave his or her home or native land to seek safe refuge, usu. as a result of war, persecution, or the like.Il y a pratiquement autant de définitions que de dictionnaires. Celle de Wordsmyth ressemble le plus à la notre. Bref, apparemment comme chez nous ça ne s'applique pas forcément à des étrangers.Ceci étant dit sur la notion de réfugié, je suis d'accord pour dire que "sinistrés" est quant à lui un terme sans ambiguité, sans arrières pensées et définit parfaitement leur cas.Moi ce qui m'énerve le plus dans cet histoire, c'est la tentative Bushienne de redorer son blason par un plan média bien calculé. C'était pas suffisant d'abandonner la population, mais il a fallu qu'il les traite comme les derniers des derniers, ne voulant voir que du pillage, là où il y avait de la survie, cherchant à  criminaliser toute une population pour quelques excités de la gachettes. Et la Condi avec son carton de vivres, à baffer. Et il font quoi pour que Baton Rouge n'explose pas sous l'affluence des nouveaux arrivants qui ont tout perdu ?Hier on nous a montré des reportages où on s'occupait à délivrer des logements pour une durée de un an. On nous a montré la distribution des cartes remplies à hauteur de 2000 $. Les choses ont l'air de bouger un peu. Mais le traitement sera-t-il équitable ? Y en aura t-il pour tout le monde ? Il est vrai que la tache est énorme. J'espère pour ces gens que l'Amérique finira par ce montrer à la hauteur ... malgré Bush.
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